Homme mon amour
Par rougekiwi le lundi, juin 9 2008, 18:38 - En ce moment - Lien permanent

avant le seul homme que je trouvais digne de porter ce nom d'homme, c'était mon père.
j'étais formatée, je l'ignorais.
dans le fonctionnement névrotique familial, il était le seul à réclamer et recevoir toute l'attention. ma mère grave atteinte de fusionite ne le quittait pas de ses filets, l'entortillait l'attirait l'enrobait jusqu'à plus soif. quant il n'en pouvait plus d'etre coincé il piquait des colères homèriques, pour un oui pour un non, sans rapport jamais. parce qu'il ne voulait pas comprendre, il avait exactement ce qu'il voulait, le centre. en permanence.
ma soeur et moi avons réagi différemment, chacune a fait ses choix, moi j'ai choisi la fuite.
à 17 ans, mon bac en poche, j'étais partie. j'ai rencontré des hommes, je ne les voyais pas. je tombais amoureuse, un jour une heure, une minute, le temps d'une cuite. le temps de découvrir leur monde et de m'y ennuyer. j'avais toujours un copain avec moi. le meilleur ami. celui sur l'épaule de qui je pleurais quand je me prenais un mur, celui qui épongeait, rapetassait. celui qui me voyait partir avec d'autres.
au bout de 2, 3 ans, il disparaissait et je pleurais ma mère.
je le revoyais quelque temps plus tard, une pouffiasse pendue à ses lèvres. comment un type aussi beau drôle intelligent ou etc pouvait se contenter de. oui oui je sais maintenant mais. ce n'est pas pour autant que je comprenais à l'époque...
alors que moi, forcément, les mecs que je choisissais...
ils étaient toujours débiles. l'adonis obsédé sexuel avec un QI d'huile de vidange. le petit mafioso qui me refilait des morpions. le nouveau riche qui me sortait dans les diners d'affaires aussi louches que lui et qui planquait des liasses de billets dans mon tabouret tamtam. le macho tunisien aux yeux verts grenouille qui m'a défoncé la g. en pleurant. le pervers qui baisait comme un dieu et avec qui j'ai fait un bébé, qui m'a offert sa vie et sa famille de dingues et m'a déglinguée comme personne. et. etc.
tout ça pour dire que je ne disais jamais je t'aime. la sale impression d'avoir un coeur à pile courant alternatif, un coeur de psychopathe. aux "je t'aime", je répondais "moi aussi", par politesse, mais c'est toujours à moi que je pensais.
la 1ere fois que j'ai dit "je t'aime", je l'ai dit à une femme et j'avais 30 ans. (han c'est beau comme du lalanne) ça aurait du me mettre la puce à l'oreille. que nenni (nan pas que ça soit beau comme du lalanne, ptain).
elle était difficile à vivre, très, quelques années et je suis partie et j'ai souffert. enfin. j'avais donc un coeur comme les copines (mais ça console pas). après quelques mois à cottoner dans le noir, puis dans le gris, mon oeil est tombé par hasard sur une feuille de peuplier. elle était verte. j'étais guérie.
pendant ma période grise (et alcoolisée), j'avais rencontré un gars, beau intelligent tordu responsable, bref, parfait ('fin presque)-(naan quelques fois il lit mon blog) et ...ben j'en ai fait un ami, logique.
il était juste un peu plus tétu que les autres, d'ami, titom est donc devenu amant. l'amant m'a suivie d'auxerre à paris, puis de paris en bretagne. mais dans ma tête, il restait l'ami.
et mon coeur restait libre.
jamais longtemps.
évidemment.
une femme encore. une femme enfant. nos névroses en positif négatif. comme un incendie trop fort trop court.
j'ai déménagé à bordeaux.
ce qui nous attirait nous a séparées. en y renonçant, je me disais que ce serait mon dernier amour, je ne pourrai plus recommencer. je ne pourrais plus croire au scénario, même avec un nouveau casting.
puis mon titom a été là. et j'étais bien dans ses bras, rassurée.
il n'y a pas de bagarre, pas de prise de pouvoir, il n'essaie pas de me changer de me couper les ailes. il est là, tendre et chaud. pas besoin de m'enfuir.
et voilà, brusquement j'ai compris.
c'est un homme. avec ses qualités d'homme, ses défauts aussi.
je n'ai plus peur. j'ai pris le droit..
je crois bien que je suis amoureuse.
pourvu que ça doure.....