je suis hantée. au bout de la rue de la rousselle. petit fagot de bois sec. je vois bouger derrière la grande poubelle verte. adossée au mur, les jambes tendues devant elle. c'est une femme. c'était. c'est une enfant. je demande à l'homme une pièce, pas le courage. "c'est une roumaine, elle fait la manche rue sainte catherine, ils viennent la chercher le soir". il n'aime pas. il y va. la survie, les douleurs. cachée là, posée là, petit paquet. l'homme, sa grande forme dans la lumière, elle penche la tête en arrière comme un pantin. un immense sourire, une face sourire, ses gencives d'enfant, ce sourire d'orpheline qui cache la terreur. prends prends tout regarde comme tu es. beau fort si puissant. je n'ai rien que ce sourire qui te magnifie et te supplie de m'épargner. il lui tend la pièce.

Pur ti miro