je me faisais couler un petit café lorsque j'ai surpris une conversation qui avait lieu dans la cuisine de mon voisin du dessous. la voix d'un jeune loup, cet accent dans la voix si reconnaissable, du jeune loup créatif, sans le sou qui un jour bouffera la terre entière, en train d'expliquer à mon voisin du dessous une super combine de polos écolos. là je comprends que la maman du voisin, embringuée ce week end, a accepté de dealer des écharpes en poil d'écolos à son club et le jeune loup, enfonçant le clou, croyant son affaire faite, de proposer, "mais bien sur, dès qu'on fera un bénéfice, elle sera payée". et l'autre lui répond, la voix trainant comme jamais sur les voyelles, "ma mère ! oh mais non, ma mère n'a pas besoin d'argent, je fais ça pour l'occuper". et voilà. quel malheur.

un garçon si bien.

je ne vous ai pas raconté le jour de son emménagement : voix de femme, pincée, "et ça louis ? qu'est ce que c'est ?" "oh ça", voix penaude,"ce sont des noix ! j'aurai pourtant juré les avoir jetées". raaaah bonheur. j'écoutais extatique, loin des "j'encule ta mère" et autre "je m'en bat les couilles" qui fleurissent dans le quartier dès la tombée de la nuit.

pour un peu je lui aurais présenté ma fille.

enfin je dis ça, mais j'imagine la tête de belle maman. 

fille a son caractère. je dirais même qu'il est si trempé qu'on a parfois comme un désir de le tordre... fille ne s'en laisse imposer par rien, sinon peut être par la beauté. qu'elle goutte très fort, comme le reste. fille ment rit jure claque les portes séduit tous ceux qui l'approchent. et les retourne comme des gants. je n'ose imaginer ce qu'il adviendrait du pauvre louis et de son avenir tout tracé...

fille a une logique qui n'appartient qu'à elle. en même temps, on se demande un peu qui aurait le culot de la lui emprunter. ne vous attendez pas à ce que je vous la résume, je risquerai de vous perdre.

un jour, en bonne mère soucieuse de sa progéniture (nous en étions à notre troisième seconde, fille s'étant mis en tête de faire des maths ( sans jamais bucher bien sur), puisqu'elle excellait dans tout ce qui n'en était pas), je m’épanchais auprès d'une cousine de l'homme, qui, elle, coachait trois enfants parfaits, de ceux que l'on projette lorsqu'on a six ans en tournant les pages des trois suisses. quand j'ai eu terminé, elle m'a dit "tu as tellement de chance, si tu savais comme je m'ennuie avec les miens". je l'ai regardée par en dessous, en faisant mes yeux de feu, mais non, elle était sincère. j'ai donc reconsidéré la question. mettons que ça m'a rendue un peu plus paisible.
aujourd'hui, fille fabrique des poudres dans un endroit prestigieux qu'elle s'est choisi, poursuit ses études sans encombre, réglant tout au bout du tout dernier moment, toujours occupée de quelque passion pour quelqu'un, une idée, un pays, sans trop perdre l'équilibre.
sans trop.

et... et tiens... je me demande si je ne pourrais pas faire chanter les parents de louis...